Mais…
S’ils étaient doux et tendres, plaisants à entendre,
Ils se sont déguisés en simples taches d’encre.
Devenus courts et secs, ils ne peuvent surprendre.
Les mots ont égaré leurs lettres pour se pendre.
Les accents retirés, les accidents sont nés.
L’homme robotisé a perdu ses réflexes ;
L’accent grave aggravé s’en retourne éprouvé
Se cache tristement sous l’accent circonflexe.
Servant à exprimer des idées corrompues,
Dans notre société, ils crient, ils pleurent, ils tuent ;
Donnant aux corps rompus un goût bien ambigu,
Ils altèrent des faits en un art dissolu.
Nous les raccommodons pour nous accommoder.
S’accommoder à quoi ? À rien, à tout, à soi …
Nous les désagrégeons pour mieux les abréger ;
Devenus condensés, ils perdent âme et foi.
Ne prenant plus le temps de faire de longs mots,
La phrase se transforme en ciment, en grumeaux ;
Douceurs et mélodies sont devenues fardeaux,
Les mots ne sont plus rien, une brume, un écho.
Que d’émaux de mots doux que nous déclamerons
Quand nous aurons compris le sens de notre vie !
Que d’émaux de mots fous que nous acclamerons
Quand nous aurons conquis nos défis, nos envies !
La sauce ayant tourné, la société est née.